Du point de vue de la fabrication et de l’ingénierie, obtenir une véritable clarté optique avec une résine transparente est un processus méticuleux qui va bien au-delà de l’impression elle-même. Le défi principal est qu’une pièce sortie directement d’une imprimante SLA n’est que semi-transparente, en raison de la diffusion de la lumière causée par des micro-imperfections de surface et des artefacts internes de polymérisation. Transformer cela en un composant hautement transparent exige un protocole de post-traitement rigoureux et en plusieurs étapes.
Le succès commence par l’optimisation des paramètres d’impression afin de minimiser les défauts qui nuisent à la transparence :
Sélection de la résine : Choisir une résine de haute qualité, véritablement transparente de type coulée ou optique. Les résines « claires » standard présentent souvent une teinte jaunâtre et ne sont pas formulées pour une transparence maximale.
Orientation : Orienter la pièce de manière à réduire la visibilité des lignes de couches sur les surfaces optiques critiques. L’inclinaison de la pièce peut aider, mais il faut équilibrer cela avec la nécessité de placer efficacement les supports afin d’éviter les marques.
Épaisseur de couche : Utiliser la plus petite épaisseur possible (par exemple, 25–50 microns) pour réduire l’effet d’escalier, responsable de multiples micro-surfaces diffusant la lumière.
Calibration : Calibrer précisément les temps d’exposition. Une sous-exposition provoque une mauvaise adhérence des couches, tandis qu’une sur-exposition entraîne un « blooming » ou une diffusion de la lumière, réduisant la précision et créant un voile interne.
Le parcours vers la transparence repose entièrement sur le post-traitement. Les étapes suivantes sont essentielles :
Nettoyage minutieux : Après impression, la pièce doit être parfaitement nettoyée pour éliminer toute résine non polymérisée. Cela implique généralement un bain dans de l’alcool isopropylique (IPA) à l’aide d’un nettoyeur à ultrasons ou d’une station de lavage par agitation. Toute résine résiduelle durcira en un film opaque permanent.
Post-polymérisation contrôlée : La post-polymérisation est une arme à double tranchant. Elle est nécessaire pour obtenir les propriétés mécaniques finales, mais peut également jaunir la résine et figer les imperfections de surface.
Bonne pratique : Certains experts recommandent d’effectuer le premier ponçage et polissage sur la pièce « verte » (non durcie), car le matériau est alors plus tendre et facile à travailler. La post-polymérisation finale est réalisée ensuite, une fois la surface quasi parfaite. Alternativement, un court post-durcissement contrôlé peut être effectué d’abord pour renforcer la pièce avant le ponçage.
Ponçage progressif (ponçage humide) : C’est l’étape la plus laborieuse mais aussi la plus cruciale. L’objectif est d’éliminer les lignes de couches et les rayures en passant par une séquence de papiers abrasifs de plus en plus fins, en utilisant toujours de l’eau comme lubrifiant.
Commencer avec des grains grossiers (ex. 400) pour retirer les marques principales et les supports.
Poursuivre avec des grains moyens (600, 800).
Terminer avec des grains fins (1000, 1500, 2000+). À ce stade, la pièce devient uniformément mate — c’est normal et indique une surface micro-rayée homogène prête pour le polissage.
Polissage jusqu’à une finition optique : Le polissage transforme la surface poncée et opaque en une surface claire.
Utiliser un composé de polissage fin (polish plastique, pâte à polir pour bijouterie, etc.) avec un chiffon doux ou une roue de polissage mécanique à basse vitesse pour éviter la surchauffe de la résine.
Ce processus élimine progressivement les micro-rayures et affine la surface jusqu’à une texture suffisamment lisse pour laisser passer la lumière sans diffusion.
Application d’un vernis transparent (optionnelle mais recommandée) : Pour protéger la finition obtenue et combler les micro-porosités restantes, l’application d’un revêtement transparent est fortement conseillée. Un vernis transparent résistant aux UV, appliqué par pulvérisation ou trempage, améliore la clarté et offre une couche protectrice durable.
Gérer les attentes : Même avec une exécution parfaite, une pièce imprimée en résine transparente ne rivalisera pas totalement avec la clarté optique d’un acrylique moulé par injection ou du verre, en raison de la structure en couches et des micro-incohérences internes de polymérisation.
Considérer l’application : Ce processus convient particulièrement aux modèles esthétiques, conduits lumineux ou lentilles où la transparence est essentielle. Pour des boîtiers transparents purement fonctionnels, il peut être plus rentable d’utiliser l’usinage CNC de l’acrylique coulé ou le moulage par injection pour des volumes plus importants.
Validation du procédé : Pour garantir la répétabilité, documenter chaque étape — paramètres d’impression, durée de lavage, temps de polymérisation et séquence de ponçage — afin d’établir un flux de travail reproductible.